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 J+120 - Réveil de Nihal Laurier-Rose & Anis Ya'ari

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Legba - Creatures of the night
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MessageSujet: J+120 - Réveil de Nihal Laurier-Rose & Anis Ya'ari   Mer 17 Fév - 14:25

Cryopod n°1 || segment n°2D & Cryopod n°3 || segment n°2D


Même après un cauchemar terrifiant, vous n'avez jamais vécu de réveil aussi brutal que celui-ci. Vous vous sentez engourdi, comme coincé dans un carcan de coton, avec la bouche pâteuse et vous devez déployer une énergie phénoménale pour ne serait-ce qu'ouvrir les paupières. Une voix féminine délivre un message, sur un ton calme et posée mais artificiel.

❝ Invité, vous arrivez au terme de votre séjour dans un cryopod de la société Cryolab. Il se peut que vous ressentiez un léger malaise et/ou des étourdissement en ré-intégrant l'atmosphère extérieure. Vos effets personnels vous seront rendus à l'aide des compartiments usités à votre arrivée ici, se trouvant sur la droite de votre pod. La société CryoLab vous souhaite un agréable réveil. ❞

Le message se termine par un bruit de carillons et vous entendez un bruit de succion. La porte vient juste de s'ouvrir.

Citation :
Vous venez tous les deux de passer un temps indéterminé à l'intérieur d'un cryopod, dans un état de sommeil cryogénique - et ça laisse des traces. Lorsque la porte s'ouvre, vous êtes tous toujours dans un état de refroidissement extrême. Vous allez passer un sale moment à la sortie, votre cerveau - affolé - n'a pas encore retrouvé les pleins pouvoir sur votre corps.

Vous allez être déboussolés, vous pouvez paniquer, vomir, vous évanouir, trembler etc... Les effets du sommeil cryogéniques peuvent mettre un quart d'heure comme deux, trois jours pour s'estomper.

Une fois sortis des cryopods, et un tant soit peu remis de votre réveil, chacun d'entre vous pourra voir qu'il y a un couloir d'ouvert, un couloir qui mène à une pièce centrale.
Mais.... Où peut bien se trouver la sortie ?

hrp : Une fois votre réponse écrite, vous êtes libres de commencer le RP dans les autres zones. Vous pouvez aussi poursuivre ce sujet-ci pour davantage d'immersion.
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Bêta
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MessageSujet: Re: J+120 - Réveil de Nihal Laurier-Rose & Anis Ya'ari   Mer 17 Fév - 15:31

son sourire. son sourire est le seul souvenir qui hante ton doux regard ; deux billes mordorées cachées sous des paupières infiniment lourdes. son sourire angélique. du moins, l’était-il à tes orbes enamourées. les autres ne le comprennent pas. ils n’en ont jamais été capables. lentement, tu ressasses. tu retrouves les songes égarés. les sensations, aussi. le touché du coton rêche. sa caresse contre ton derme encore glacé de ce voyage au creux des songes que tu as expérimenté. les cils tombés, tu ne sais dire précisément quel temps il fait, dehors. ni même s’il reste un dehors, en réalité. l’ignorance te plonge dans une sombre démence. rongée de l’intérieur. brièvement, un message se répercute. il vibre, au sein de la prison immaculée où tu reposes depuis un temps, déjà. « N..v. » rien ne s’échappe. la trachée étroite s’est chargée de conserver l’unique mot que tu souhaites prononcer. son nom.

un son résonne douloureusement à ton crâne. il s’y attarde et façonne une méchante migraine. la longue agonie d’une porte, sûrement. même si, aux dégâts provoqués, l’éclat d’une bombe semble plausible. une bombe ? aucune odeur de fumée. aucun cri, dans la semi-obscurité. rien. rien, hormis ce silence que tu soupçonnes d’être affuté.
finalement, le fracas recommence. tu lâches un râle extatique lorsque la chute s’annonce. le chaos s’arrime à ton casque de filaments châtains. ils s’étalent autour de ta silhouette chétive, à mesure que le rythme de ton cœur crève les plafonds. un plafond que tu peines à fixer, de tes billes creuses et fatiguées. tu ne rêves que d’une chose, Nihal ; y retourner, aux bras de Morphée.
les questions s’accumulent. ton frère est-il réveillé ? est-il toujours enfermé ? les mains tremblent, ramenées contre ta poitrine fébrile. à même le sol, le froid installé à tes membres qui souffrent à se ranimer, tu penses. tu penses, Nihal. à toutes les choses qui semblent avoir changé.

doucement, le sang recommence à circuler vitement. tu sens les picotements insidieux qu’il répand dans son sillage. la douleur aux tempes, aussi. le palpitant malmené de tous les malheurs du monde, tu te redresses à-demi. tu t’appuies sur les coudes, en réalité. le boucan redémarre. une nouvelle porte s’ouvre ?
« Nev.. ? » que tu balbuties.
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Bêta
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MessageSujet: Re: J+120 - Réveil de Nihal Laurier-Rose & Anis Ya'ari   Mer 17 Fév - 17:10


   LE FROID, C'EST L'ENFER. ON Y ÉVOQUE SOUVENT LES FLAMMES, MAIS MON ENFER À MOI EST FAIT DE GLACES.
Encore préservée dans son écrin gelé, ses yeux s’agitaient péniblement sous ses paupières endormies. Jamais elle n’avait connu pareille douleur. Une douleur si perçante qu’il lui aurait été aisé de croire qu’on ne sait quel dégénéré était en train de planter dans ses orbites deux pics de glace. Anis ne songeait à rien tant son esprit demeurait encore embrumé. Pas une réminiscence du passé, pas une bride d’un songe capable de la sauver de ses tourments, de ne pas lui donner l’horrible impression que tout se dérobait sous ses pieds. Puis finalement, la brune fût capable de penser. De penser à la douleur qu’elle sentait poindre peu à peu sur chaque centimètre de son épiderme. Elle avait l’atroce impression de mourir lentement. Et aussi étrange que cela puisse paraître, jamais Anis n’avait dû se sentir aussi vivante qu’à ce moment précis.

D’une lenteur extrême, l’engourdie fit se mouvoir l’extrémité de ses doigts et aurait été prise d’un rire hystérique empreint de nervosité si sa gorge lui avait permis d’expirer ne serait-ce qu’un soupire. Elle aurait ri comme pour ravaler ses larmes en s’étonnant de pouvoir compter chacun des minuscules et ridicules os qui composaient ses mains. Elle aurait voulu gratter sa peau au sang, l’arracher sans y penser à deux fois pour attraper chacun de ses os et les extirper brutalement de sa carcasse.

Un bruit tout droit surgit du lointain retentit alors. Les résidus d’une voix inconnue, surnaturelle. Une voix qui même sans s’adresser à Anis la faisait bouillir à l’intérieur. Puis une décompression, comme le son lorsqu’on ouvre une bouteille de soda, pensa l’endormie. Cette pensée si dérisoire, si absurdement idiote, fût d’un réconfort infini pour la jeune femme, elle qui n’avait rien sur lequel prendre appui. Rien qui ne puisse lui sortir la tête de l’eau, rouvrir ses poumons et l’apaiser.

Puis tout se répète. La voix, la décompression. Mais tout semblait plus proche, comme si c'était à elle que s'adressait finalement cette voix crée d'artifices. Après être parvenue à ouvrir tant bien que mal les yeux, se dessinait devant elle une frêle silhouette d'où tombait en cascade une masse de cheveux d'une teinte qu'elle ne pouvait encore décrire. Anis aurait voulu faire un pas vers cet individu fluet qu'on aurait pu aisément le confondre à l'allure d'un enfant. Mais plus que s'extirper de son cocon, la brune n'eut le temps de faire qu'un pas avant d'embrasser violemment le sol. Du réconfort. Là où elle ne devrait trouver que choc et douleur, Anis y trouve le réconfort d'une surface se voulant naturellement froide, mais qui au contact de sa peau gelée lui parut d'une chaleur infinie. Quand bien même la scène paraissait d'un ridicule insensé, l'éveillée s'octroya le plaisir de rester quelques instants face contre terre. Les yeux dans le vide et la bouche à peine entre ouverte, la brune ne songea qu'à se hisser suffisamment pour s'asseoir qu'à l'entente d'une bride d'un mot. Ou peut-être était-ce un nom ? Elle n'aurait su le dire.

D'un air asthénique, Anis parvint à planter ses billes semblables à d'éteintes émeraudes sur la malingre silhouette lui faisant face. Elle voulait lui demander de répéter ce qu'elle venait de dire. Elle voulait lui demander où elle se trouvait, qui elle était, qu'est-ce qu'elles pouvaient bien faire toutes deux dans cet endroit. Mais de sa gorge ne sortit qu'un son guttural incompréhensible et douloureux. Qu'importait le nombre de fois où elle s'efforçait d'au moins cracher son nom, rien ne venait. Prise d'une crise de panique, sa poitrine se mit à se soulever à un rythme effarant tandis que sa carcasse chevrotait comme une insignifiante feuille balayée par le vent. Son regard paniqué appelait celle de la fille alors qu'elle s'entêtait encore à s'essayer d'utiliser sa voix enrouée. Un appel à l'aide. Voilà ce que tout son corps flageolant hurlait. Lorsque le langage corporel est aussi impressionnant, les mots ne sont qu'après tout dérisoires.

© FICHE D'APOLLINA POUR LIBRE GRAPH
   

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Gamma
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MessageSujet: Re: J+120 - Réveil de Nihal Laurier-Rose & Anis Ya'ari   Jeu 18 Fév - 20:39




  How  to : save a princess.
  ft. Nihal & Anis

 

 
Tu n'as jamais aussi mal dormi de toute ta vie. Pour être franc, tu as plus passé ta nuit à te tourner à la recherche d'une position agréable qu'à dormir. Ce qui, en soit, n'est pas très grave vu le temps que tu as passé à te reposer, dans ta chrysalide de métal. Pourtant, tu somnoles malgré toi.

Tu te traînes hors de ce qui te sert de lit et, après avoir ronchonné de longues minutes sur le manque de confort de cette nouvelle vie, tu t'allumes un bâton de cancer. Le bruit du briquet que tu actionnes entre tes doigts résonne au fond de ton être comme quelque chose de familier, comme un certain point d'appui au milieu de cette houle de nouveautés. Portant ta clope aux lippes, tu en inspires une longue bouffée en avisant d'un œil morne les cigarettes lovées les unes contre les autres, protégée par ton paquet incarnat. Ton dernier paquet. Entier certes, mais le dernier. Tu regrettes sincèrement de ne pas avoir eu le temps de te remplir les poches avant de partir pour Cryolab. Si t'avais su avant, t'aurais fait ta réserve.

Jurant, tu sors prendre l'air, profitant des rayons solaires caressants. Toi qui préfères les temps froids du nord, tu n'aurais jamais imaginé que le soleil te manquerait un jour. Enfin, ça, c'était avant de faire un séjour indéterminé dans un congélateur. Tu aurais presque pitié des glaces et autres surgelés.

Sans montre, le téléphone déchargé, tu ne peux savoir quelle heure tu vis. Encore une chose qui t'agace, avec l'absence de douche, de toilette, de vrai lit douillet, de confort. Tu voulais survivre, mais aurais-tu tout de même accepté de sauvegarder ton existence au prix de ta petite vie tranquille de simple et insouciant petit humain ? Tu ne sais pas. Tu te connais pourtant, mais tu ne sais vraiment pas dire ce que tu aurais répondu, dans le cas où Nihal n'avait pas été présente. Pour elle, tu aurais dit aveuglement oui à tout. Mais tout seul, qu'aurais-tu fait ? ... Aucune idée. Tu aurais sûrement refusé d'y croire, tu te serais entêté et à l'heure actuelle, ton cadavre traînerait quelque part, entouré d'une corolle ensanglantée. Peut-être même que les terroristes t'auraient fait exploser le crâne, par pur plaisir de voir ta cervelle voler.

Quoi qu'il en soit, c'est également la première fois de ta vie que tu te retrouves séparé de ta moitié. Habitué à vivre aux côtés de Nihal depuis ta naissance, tu te sens incomplet sans sa chaleureuse présence, sa douce odeur aux notes végétales, ses tendres sourires... Bien sûr, tu ne passais pas non plus toute « ton ancienne vie » collé à elle comme un vieux chewing-gum, mais ne pas savoir exactement quand elle ouvrirait les yeux t'insuffle une dérangeante et insidieuse sensation de nervosité. Tes ongles en sont d'ailleurs les premiers témoins, tant tes dents s'escriment à en arracher la kératine. Fichu tic.

C'est après avoir ruminé un bon moment que tu finis par jeter ta cigarette au sol, l'écrasant impitoyablement du pied. Un sourire caustique aux lèvres, tu te dis qu'il s'agit bien-là d'un comportement typiquement humain ; on t'offre une nouvelle terre semblant à l'abri de la pollution et tu ne peux t'empêcher de chercher à la pourrir, d'y ajouter des miasmes de ta vie d'avant, parce que tu refuses de mélanger ta vie d'humain lambda à celle du survivant sélectionné parmi des milliards de personnes. Pas comme si une clope allait changer grand chose, après tout...

Finalement éveillé, du moins, plus ou moins en état de faire quelque chose de ta journée, tu décides de te glisser à l'intérieur de la voûte le plus discrètement possible. La curiosité te ronge, la crainte de ne jamais assister à l'éveil de ta sœur t'envahit sans que tu ne puisses y trouver de remède. Regardant à gauche, puis à droite, tu t'y infiltres sur la pointe des pieds, d'une démarche digne d'un abruti jouant au ninja.

Tu n'as pas tellement envie que l'on vienne s'immiscer dans tes affaires et, connaissant déjà le chemin, tu marches avec rapidité à travers des chemins sinueux. Tu reconnais cependant ceux empruntés la veille, et c'est sans grande difficulté que tu retrouves la zone 2D ; celle où tu sais que repose ta sœur. Tu y surpris d'y croiser une âme qui vive et tes sourcils ne tardent pas à rejoindre ta crinière tant ils s'élèvent sous la surprise. Tu reconnais sans difficulté la personne allongée sur le sol. Ton palpitant se met à cogner contre tes côtes avec une telle hargne que tu crois un instant que celui-ci cherche à te briser la cage thoracique afin de s'en échapper. Nihal. Nihal est de retour.

Tu te précipites à ses côtés et la prends aussitôt dans tes bras, frictionnant ses épaules dans le but de la réchauffer, de lui insuffler un peu de ta propre chaleur corporelle. Tu agis avec une rapidité effarante pour les personnes te connaissant. Personnes certainement six pieds sous terre à l'heure actuelle.

« Hey. La belle au bois dormant s'est enfin réveillée ? »

Elle est si frêle entre tes bras, si petite que tu crains qu'elle ne soit complètement frigorifiée. Merde. T'étais si pressé de venir vérifier son cryopod que tu n'as pas pensé à prendre de couverture ou de tissu susceptible de la tenir au chaud. Tu ne peux donc que la serrer contre ton torse en caressant son dos, appréciant de sentir cette peau familière, bien que froide, sous la pulpe de tes doigts. Vous n'êtes que les deux facettes d'une même âme, après tout. Il est donc légitime que tu te sentes enfin entier en la sachant éveillée, vivante. Un peu plus et tu pourrais presque embrasser ces foutus scientifiques.

... Quoi que, la rancune est tenace et tu n'es pas prêt d'avaler le fait de te retrouver dans un monde vierge de tout confort. Un monde à faire, à façonner, un devoir qu'un type comme toi ne peut prendre sur ses épaules.
Parce que : T'es juste un con qui sait même pas prendre soin de lui.
Parce que : T'es trop égocentrique.
Parce que : Tu vaux pas la peine qu'on te donne une tâche aussi importante.

Le bruit d'un cryopod qui s'ouvre, cet horrible son de succion te rappelant de mauvais souvenir, retentit dans ton dos. Celui se trouvant à côté du tien laisse s'échapper de ses entrailles glacées une femme à la crinière chocolatée. Tu soupires ; deux femmes pour le prix d'une qui te tombent dans les bras ! Quel dragueur.

« Eh, princesse. Vais t'chercher tes fringues dans ton casier, mets-les le temps que je m'occupe d'elle. »

Tu ne sais pas si elle t'entend, tu ne sais même pas comment elle se sent, mais tu n'as pas vraiment le temps de réfléchir. T'as une deuxième vie entre les pattes et tu imagines très bien que, sans aide, mourir d'hypothermie est une chose pouvant te tomber dessus. Et comme tu sais que la poisse est collée à ton épiderme depuis le premier jour, tu te dépêches. Parce que t'as pas envie d'avoir une mort sur la conscience. Alors tu lâches ta sœur à contre cœur, cours en direction de son compartiment prendre ses affaires et retourne à son chevet afin de les lui tendre. Tu lui enfiles de force son haut, gratifiant le sommet de son crâne d'une caresse éphémère, avant de te tourner vers la deuxième arrivante. Nouvelle éveillée semblant tout sauf bien, au vu de la vitesse à laquelle sa poitrine se soulève. Tu pries pour qu'elle ne fasse pas une crise de panique, parce que tu ne sais pas quoi faire dans ce cas-là, mais tu ne laisses pas ton cerveau tourner plus longtemps dans la mélasse de tes pensées.

Tu viens t'agenouiller à ses côtés et, comme tu l'as fait pour ta sœur, tu la prends dans tes bras en relevant sa tête. Putain, t'es vraiment con d'avoir oublié de prendre une couverture ! Tu te mets sérieusement à regretter, là.

« Yo ? Clamse pas maintenant hein ! C'pas le bon moment ! »

T'exprimer t'a toujours permis de te rassurer. Lâchant un petit rire libérant ton stress, tu frottes son dos en jetant des coups d’œil fréquents à ta grande sœur, finissant par te traîner lamentablement sur le sol avec ta charge dans les bras. Rapprochant les deux éveillées, tu les prends avec une certaine maladresse contre toi en priant pour que quelqu'un arrive vite, ou pour que ces simples gestes soient suffisants à leur assurer un minimum de confort.
   
 
© nemoe sur epicode


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Bêta
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MessageSujet: Re: J+120 - Réveil de Nihal Laurier-Rose & Anis Ya'ari   Ven 19 Fév - 15:09

la fumée. son odeur entêtante qui brûle, au fond de ta trachée. tu n’as jamais fumé, Nihal. tu n’as même jamais essayé le bâton de mort lente, malgré sa furieuse proximité. malgré son goût âcre sur les lèvres de ta moitié. malgré son parfum obsédant sur vos vêtements. la fumée s’est imprégnée de ton être entier. à moins que l’inverse s’avère plus réel ? sûrement. son odeur douceâtre rassure. la violence de son cancer réconforte. la fumée t’enveloppe douloureusement. tu sens son étreinte. sa chaleureuse toxine qui coule sur ton derme froid. un songe ? tu es sûre d’entendre sa voix. certaine que le vide creusé par son absence se comble doucement. les yeux fermés, tu respires. une seconde. deux secondes. dans le sablier, l’or des grains brillent. ils s’entassent, sans que tu ne bouges. sans que tu ne cherches à fuir la caresse de sa peau contre la tienne. c’est une renaissance. ni la sienne, ni la tienne ; seulement la vôtre.
son sarcasme, tu ne l’entends qu’à peine. est-ce un sarcasme, d’ailleurs ? tu ne reçois à la trogne que le soulagement qui y pointe. un soulagement partagé. embrassée par la quiétude, tu apaises la frénésie de ton palpitant malmené. un mot de lui, et tu renonces même à ton souffle. un mot de lui, et tu retrouves la vie.

ses doigts se promènent. tu sens la brûlure qu’ils abandonnent dans leur sillage. tu te désagrèges, Nihal. cils tombés, tu songes que la douleur n’a jamais été celle-ci. une douleur sans pareil. ton cœur se disloque étrangement, entre les côtes frêles. et Neven ? a-t-il été accueilli, lui ? comment s’en est-il sorti, de son cercueil ? a-t-il seulement retrouver toutes ses facultés ? a-t-il expérimenté les membres endoloris ?
tu lèves les billes, difficilement. tu as ce besoin compliqué. celui, idiot sûrement, de le voir. de le voir, afin d’être sûre qu’il est là. qu’il n’est pas qu’un inconnu. qu’il n’est pas, en réalité, au creux de son cocon. ses filaments couleur d’automne retombent nonchalamment au-dessus de ton crâne. ils se mêlent aux tiens, quasiment identiques. son odeur est la même. chimique au possible, avec ces relents de fumée sombre. tu lèves un regard désapprobateur, même s’il est aisé de croire que rien n’y apparaît. rien, hormis la fatigue. le silence retombe, après le hurlement d’agonie d’une seconde porte. un autre réveil, visiblement.
du coin de l’œil, tu avises sa grande silhouette qui s’échoue violemment contre le sol. tu n’émets qu’un énième râle, faute de cordes vocales actives afin de lâcher un cri. entre ses bras protecteurs, tu vocifères intérieurement. tu veux qu’il l’aide, la fille aux cheveux foncés. sitôt pensé, sitôt fait. il te lâche dans une bribe de conversation que tu ne captes qu’à-demi. sitôt esseulée, sitôt frigorifiée. un gémissement frôle le bleu de tes lèvres craquelées, avalé par le silence retombé. il s’active, Neven.

tu coules une œillade inquiète à l’autre ingénue crachée par l’enfer gelé.
« Re- ... » tu fulmines. contre ton incapacité à murmurer autre chose qu’un silence volubile. tu t’énerves, si tant est la chose possible. maladroitement, sur les coudes, tu écrases la distance. tu te traînes sur la roche lisse. du bitume ? sans doute. « Douce- ... ment » que tu susurres. du bout de tes doigts abîmés, tu effleures la seule chose que tu arrives à atteindre : les mèches éparses de ses cheveux. tu y dessines des vagues indistinctes. du moins, tu tentes de le faire.
arrachée à l’anxieuse femme, tu te fêles d’un jappement mécontent. un inaudible soupir malheureux, plutôt. il te soulève comme si tu ne pesais rien. il te serre contre lui sans adresse, armé d’un haut que tu sais récupéré dans le maigre bagage emporté. un haut de garçon. un haut que tu t’es ingéniée à lui dérober, à chaque fois qu’il sortait du lavage. un haut qu’il s’est résigné à te donner, faute d’en avoir un jour vu la couleur.
tu sors un bras, suivi du deuxième. bientôt, la tête émerge au trou façonné à cet effet. finalement, il se tourne vers l’éveillée aux iris émeraudes. il récupère son corps agité contre son cœur penaud, et te laisse, tassée sur ton étroit squelette. tu tâches de demeurer assise. même avachie. même nauséeuse. tu restes là, simplement. les poumons douloureux. la gorge sèche. le cœur aux abois.

le son du tissu froissé. une énième plainte se répercute dans le silence, à mesure que tu coules ton doux regard mordoré sur les silhouettes qui se rapprochent.
« Nev... » une toux t’ébranle. tu craches ton oxygène moribonde, le visage caché contre son épaule. à nouveau proche de la brune, tu attrapes délicatement l’une de ses mains. tu enserres ses doigts, sans aucune force à lui donner. du pouce, tu dessines des formes hasardeuses sur sa paume.
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